Sermon sur les nouvelles pensées et philosophies

Un article de Avaricum.

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Ce sermon fut prononcé par l'Exarque Auxiliaire de Saint-Nicolas-de-Guysenval en la Cathédrale Saint-Nicolas-de-Guysenval de la ville éponyme le 22 Novembre 1708.

Sermon

Mes bien chers fils, vous pouviez lire dans le mercure-galant récemment qu’un homme, un réputé “libéral”, ou quelque chose d’approchant, fréquentant le salon de Lazzarin, a lancé un grand appel, lequel a été dit-on assez suivi. J’ose croire que vous n’en avez point entendu parler, et pour cause : les honnêtes Guysenvalois se sont toujours dressés contre tous les vents de subversion qui viennent de l’est. Et tandis que le mal, pourtant si proche, rampait vers nous, c’est du lointain septentrion, de Zichten Itza, de Notre Bienheureux-Père, béni soit-Il, qu’est venu la mise en garde ! Je vous encourage mes bien chers fils à lire, relire, à méditer sur cette enzyclique Exitiabilez rez novae dont nous a gratifié le Vicaire des Dieux, loué soit-Il. Reprenons, en s’il vous plaît, les principales idées.

Qui sont donc ces grands penseurs, ces esprits étroits et tordus qui font naître des flots qui submergent et noient les plus faibles. Et la mer déchainée entraine dans la tempête les poissons, qui, dispersés, tombent dans les mailles de pêcheurs d’âmes. Prisonnières, elles n’en sortiront plus ! Craignez ! Craignez ! Craignez de vous éloigner de vos pasteurs, craignez de vous éloigner de moi, car la lumière est dans l’ombre bienveillante des Dieux, et les ténèbres dans la lumière de cette odieuse liberté que l’on se met à professer.

L’homme, par sa nature même n’est pas libre, car notre Bienheureux-Père nous rappelle que « l’homme ne s’appartient pas ». Et c’est l’égoïsme qui pousse ainsi les hommes à se placer d’eux-mêmes au centre de la Création, laquelle n’a pourtant point été faite par eux ! Prendre une telle position, c’est se poser comme le négateur des dogmes principaux de la Zainte Églize, et plus encore, comme son ennemi !

Celui qui osera, celui qui aura la méprisable faiblesse de laisser ainsi son âme à la dérive, celui qui aura la bassesse de la vendre aux démons de la anti-Création, ceux-là, je vous l’affirme, ceux-là, dis-je, seront traqués par les forces du Salut ! Ils sont un péril pour notre société, ils en sapent les bases. Car oui, note société s’élève comme une tour magistrale vers les Cieux, comme un monument grandiose pour les Dieux, et pour Leur seule et plus grande gloire. Au sommet, l’Empereur qui trône, sous lui, le clergé zorthodoxe qui s’assure de la droiture de l’édifice, plus bas, la noblesse formée par de si remarquables familles tient le glaive de l’Empereur brandi contre les ennemis de la Zorthodoxie, et enfin, il y a l’immensité des humbles, qui, à des niveaux divers et multiples, soutiennent l’ensemble. Cette base est aussi importante que friable, et c’est à l’Église de s’assurer de la bonté des pierres. Celles-là qui viendraient à se fendiller, elles seront brisées sauvagement et remplacées par dix autres, plus grandes et plus fortes.

Celui qui croit pouvoir trouver en lui-même les prétendues raisons de sa naissance, de sa vie, et de sa mort, celui-là est voué à disparaître. Tourné vers lui seul, il s’écarte de la lumière que les Dieux projettent sur le monde. Aveuglé, il refuse de s’abandonner aux Dieux. Certains prétendent faussement que s’abandonner à l’Église est une lâcheté, c’est, disent-ils, abandonner sa liberté, sa propre conscience à des mains impropres. Somme toute, c’est refuser de gouverner soi-même son existence, ce qui nous est interdit, comme il est interdit à l’Empereur de se défaire de sa Couronne. Cela est un raisonnement ridicule. La lâcheté, la faiblesse, c’est bien de croire à des chimères, de croire à une liberté, car la liberté est l’opium du peuple ! La liberté, nous ne la possédons pas, nous sommes l’œuvre de la Création et les sujets des Dieux. Non, nous n’avons pas le choix de conduire notre vie, car elle est tracée dans le chemin de Bezoar. Oui nous pouvons nous en éloigner, mais nous ne le devons pas. La liberté n’est point, car l’autorité supérieure, la hiérarchie sont immuables.

À l’inverse, le plus grand mérite qui soit, est bien justement de faire le sacrifice de sa personne, d’avoir le courage et la force de croire en les commandements de l’Église et de s’abandonner tout entier, en pleine confiance, aux Dieux et à Leurs ministres.

Yaïla.

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